Feuilles dorees de Ginkgo

Le ginkgo : l’ancêtre de tous les arbres

Le Ginkgo est lancêtre de tous les arbres : il est apparu au début de l’ère secondaire, il y a 300 millions d’années. A cette époque, il existait plus d’une centaine d’espèces de Ginkgo, ils côtoyaient alors les algues, les mousses, les fougères, les dinosaures, l’homme n’était pas encore là!  Aujourd’hui il reste une quinzaine de variétés naturelles. Les tout premiers ginkgo possédaient des feuilles vertes persistantes, aujourd’hui le Ginkgo a un feuillage caduc. 

Ginkgo Jardin Botanique de Tours Attitude Naturo

Une résistance à toute épreuve

Il résiste à toutes les agressions extérieures : maladies, parasites, insectes, pollutions, intempéries et même aux radiations.  Il fait en effet partie des deux  seuls êtres vivants (avec l’Ailanthe Glanduleux) à avoir survécu à l’explosion  de la bombe atomique d’Hiroshima  lors de la Seconde guerre mondiale. 

Pour cette raison et aussi par son caractère ornemental, on le trouve aujourd’hui dans de nombreuses villes.

Plus spécifiquement originaire de Chine, le ginkgo y est vénéré depuis les temps les plus anciens par les moines bouddhistes qui, séduits par sa beauté et sa longévité, en ont fait un ornement privilégié de leurs temples. La longévité du Ginkgo est exceptionnelle : dans son milieu naturel d’origine, il peut vivre 4000 ans. Il parvient en Europe au début du 18ème , grâce à un médecin botaniste allemand, Engelbert Kaempfer, qui avait découvert le Ginkgo lors d’un séjour au Japon. Il apparaît en France au début du 19ème siècle : tout d’abord au Jardin Botanique de Montpellier, puis au Jardin des Plantes à Paris. On peut d’ailleurs toujours contempler ces deux premiers ginkgo français.

Ginkgo et ses fruits

Le Ginkgo est un arbre dioïque, c’est-à-dire que chaque arbre est soit mâle soit femelle (le sexe d’un arbre étant difficile à déterminer avant sa maturité sexuelle (entre 20 et 30 ans)). Les arbres femelles ont la particularité de produire des fruits, qui ressemblent à des mirabelles, de couleur jaune orangé à maturité. Avant l’automne, le fruit est lisse et attirant mais attention sa partie charnue est toxique, car elle contient de l’acide butanoique. C’est ce dernier qui est aussi à l’origine de l’odeur de beurre rance  que dégage l’ovule dès qu’il commence à se rider. En Chine, les graines qui se cachent au milieu du fruit charnu sont consommées depuis des millénaires pour leur vertu. Elles ont un effet anti-fongique et anti-bactérien.Les noix de Ginkgo   entrent dans la composition de divers plats traditionnels japonais. Grillées et légèrement salées, elles ont un arôme délicat et un peu amer, apprécié pour accompagner la bière ou le saké.

Vous le verrez une fois, vous ne pourrez pas l’oublier!

Feuilles vertes de Ginkgo

Le Ginkgo biloba est facilement reconnaissable à ses feuilles en forme d’éventail. Elles ont un contour irrégulier et sont et sont formées de deux lobes, d’où le nom d’espèce « biloba ». Leur couleur d’abord vert tendre puis vert mat vire au jaune doré à l’automne grâce à l’algue de ses feuilles.
Il peut atteindre jusqu’à 40 mètres en Asie. En Europe, il  dépasse rarement les 25 mètres.
L’écorce des jeunes Ginkgo est d’abord lisse puis se craquelle au fil du temps. Sa couleur varie du brun au gris.

 Un remède utilisé depuis des millénaires

Le ginkgo est utilisé dans la médecine traditionnelle chinoise pour prévenir les maladies cardio-vasculaires, mais aussi pour traiter l’asthme et la bronchite.

En 1990 , les recherches  sur les propriétés médicinales du gingko vaudront au Docteur Elias James Corey de l’ université d’ Harvard un prix Nobel de chimie. Il réussit la synthèse du ginkolide B et démontra entre autres, ses propriétés anti-rejet des organes transplantés et son action sur l’asthme.

En phytoembryothérapie et en phytothérapie, il possède 2 grandes fonctions majeures : une fonction antioxydante et une fonction circulatoire.

Par sa richesse en flavonoïdes, l’extrait intégré de Ginkgo est puissamment anti-oxydant. Il est notamment très efficace dans l’inhibition de la peroxydation lipidique membranaire : c’est donc un important protecteur de la membrane de toutes les cellules de l’organisme.

Le ginkgo possède également de très nombreuses actions sur le système circulatoire : veineux, artériel et capillaire. Il est très utile en prévention de l’artériosclérose, dans les troubles veineux mineurs tels que varices, œdèmes des chevilles, jambes lourdes, douloureuses, hémorroïdes, maux de tête d’origine vasculaire. Le ginkgo diminue aussi la viscosité sanguine. Au niveau de la vue, il a une action importante sur la micro capillarité : il peut donc s’avérer utile dans les rétinopathies diabétiques, dans la dégénérescence maculaire liée à  l’âge. (Sources : Andrianne Philippe 2011 : Traité de gemmothérapie, et Ledoux et Guéniot 2012 : la phytoembryothérapie, aux Editions Amyris). Compte tenu de ses nombreuses propriétés, je vous conseille d’éviter l’auto-médication. Parlez-en à votre médecin ou à votre thérapeute.

Cet article est pour moi, une façon de  rendre hommage au ginkgo biloba abattu le 5 janvier 2015 aux abords de la cathédrale du Mans, à laquelle il donnait vie  : « Pour ta présence au fil des saisons, des années, pour ta beauté, ta grandeur…Merci! »

« La feuille de cet arbre, qui, de l’Orient,
Est confiée à mon jardin,
Offre un sens caché
Qui charme l’initié.

Est-ce un être vivant,
Qui s’est scindé en lui-même,
Sont-ils deux qui se choisissent,
Si bien qu’on les prend pour un seul ?

Pour répondre à ces questions,
Je crois avoir la vraie manière :
Ne sens-tu pas, à mes chants,
Que je suis à la fois un et double ? »

Johann Wolfgang von GoetheLe Divan oriental-occidentalGinkgo biloba,(traduction de Henri Lichtenberger)